
« The Guardian » (Le Guardian) et le programme d’enquêtes sur le crime organisé et la corruption (OCCRP), mené conjointement pendant quatre mois, révèlent qu’au Timor-Leste, qui fait partie des pays les plus pauvres du monde, un projet présenté comme un « premier complexe de vacances en cryptomonnaies à l’échelle mondiale » — AB Digital Technology Resort — serait lié à un réseau d’escroquerie du Prince Group, un groupe de la famille cambodgienne frappé de sanctions américaines.
AB Digital Technology Resort met en avant, dans ses supports promotionnels, des villas de luxe, un environnement au bord de la mer et un lieu présenté comme une « plateforme d’échanges pour élites technologiques à l’échelle mondiale », affirmant également qu’une partie de ses recettes serait utilisée pour la charité. Cependant, lorsque des journalistes se sont rendus sur la zone côtière destinée à être construite, telle qu’elle apparaît sur les photos promotionnelles, ils n’ont trouvé qu’un terrain vague : les installations prévues n’existaient pas.
Les enquêteurs ont découvert que trois personnes impliquées dans le projet de complexe de vacances auraient un lien présumé avec le Prince Group, frappé de sanctions américaines ; ces trois personnes ont été retirées du projet pendant la période d’enquête. Après que des journalistes d’enquête ont pris contact avec des acteurs clés, les pages correspondantes sur le site officiel d’AB ont été retirées l’une après l’autre. Parmi elles, un étranger participant au projet détenait un passeport diplomatique du Timor-Leste ; une partie des citations reprises dans les supports promotionnels concernerait d’anciens dirigeants du pays. Il nie avoir tenu de tels propos ou avoir eu connaissance de ce projet. Malgré l’intensification de l’enquête, les actionnaires de la société du complexe déclarent que le projet de développement continuera d’être mené.
Le Prince Group (Prince Group) affirme se livrer à l’immobilier et aux services financiers, mais le Trésor américain l’a sanctionné l’an dernier en octobre, l’accusant d’exploiter à grande échelle des opérations d’escroquerie en ligne en Asie du Sud-Est, s’appuyant sur la traite des êtres humains et le système d’esclavage moderne pour faire fonctionner ces activités, avec des victimes dans le monde entier.
Fondateur : Chen Zhi, poursuivi par les États-Unis pour complot en matière d’escroquerie par télécommunications et complot en blanchiment d’argent
Saisie de bitcoins : des dizaines de milliards de dollars de bitcoins saisis par les États-Unis
Affaire d’extradition : en janvier 2026, Chen Zhi, originaire du Cambodge, a été extradé vers la Chine ; des images largement diffusées le montrent escorté par des policiers en tenue sombre ; les autorités chinoises n’ont pas encore publié d’accusations précises
Principales méthodes d’escroquerie : « Pig-Butchering » (« pig-butchering ») — les escrocs, sous de fausses identités, établissent pendant des mois une relation de confiance avec les victimes via les réseaux sociaux et des applications de messagerie, puis les incitent à investir dans de fausses cryptomonnaies ou dans des plateformes financières ; après que les victimes ont vu des chiffres de profits fabriqués, elles continuent d’ajouter des investissements jusqu’à ce que l’intégralité des fonds soit détournée
La puissance destructive des escroqueries de type pig-butchering tient notamment à l’extrême sophistication du contrôle émotionnel : avant même d’encaisser des pertes financières, les victimes ont souvent déjà noué avec l’escroc une « connexion émotionnelle » profonde, ce qui augmente fortement le niveau de traumatisme psychologique après les pertes liées à l’investissement.
Cette enquête met en évidence la vulnérabilité géopolitique et en matière de gouvernance à laquelle le Timor-Leste est confronté. L’ONU a déjà émis l’an dernier un avertissement officiel concernant le risque d’infiltration du Timor-Leste par des réseaux d’escroquerie, et la présente enquête indique que ces tentatives d’infiltration sembleraient déjà être en cours.
Un responsable du gouvernement timorais a déclaré au « Guardian » que ce petit pays, situé à seulement 700 kilomètres du territoire australien, se trouve face à « l’intersection la plus dangereuse depuis l’indépendance », avec un risque de devenir « l’aire de jeu de groupes criminels transnationaux ». Le président du Timor-Leste a également indiqué publiquement que la question de savoir si ce complexe est « vraiment un complexe de vacances, ou seulement des paroles » reste à clarifier.
Le Prince Group est un groupe d’entreprises multinational basé au Cambodge, qui se présente comme exerçant dans l’immobilier et les services financiers. Le Trésor américain l’a sanctionné l’an dernier en octobre, l’accusant d’exploiter à grande échelle des opérations d’escroquerie en ligne en Asie du Sud-Est, impliquant la traite des êtres humains et le système d’esclavage moderne. Le fondateur Chen Zhi (Chen Zhi) fait face à des accusations de complot en escroquerie par télécommunications et de complot en blanchiment d’argent, tandis que des bitcoins d’une valeur de dizaines de milliards de dollars ont été saisis par les autorités américaines.
Pig-Butchering (« Pig-Butchering », en cantonais appelé « meurtre du cochon ») désigne le fait que les escrocs, sous de fausses identités, établissent avec les victimes une relation de confiance durant des mois sur les réseaux sociaux ou dans des applications de messagerie, puis les incitent à investir dans de fausses cryptomonnaies ou dans des plateformes financières. Après avoir vu des chiffres de profits fabriqués, les victimes continuent souvent à ajouter des investissements jusqu’à ce que l’ensemble des fonds soit détourné, puis l’escroc disparaît.
L’enquête conjointe de quatre mois menée par le « Guardian » et l’OCCRP relève actuellement du domaine du reportage d’enquête : trois personnes ayant un lien présumé avec le Prince Group ont été retirées du projet de complexe, et le site officiel d’AB a également mis hors ligne les pages correspondantes pendant la période d’enquête. Le gouvernement du Timor-Leste n’a pas encore fait de déclaration officielle à ce sujet, tandis que les actionnaires du complexe indiquent que le plan continuera d’être mené ; la suite de l’affaire dépendra des développements ultérieurs.