Récemment, le Financial Times (FT) du Royaume-Uni a publié un commentaire intitulé « La crise crypto à venir », dans lequel l’auteur a exprimé de profondes inquiétudes sur la direction du développement de la politique des cryptoactifs aux États-Unis, suggérant que les stablecoins et les cryptoactifs plus larges pourraient potentiellement déclencher la prochaine crise financière. Bien que cet article représente les points de vue personnels d’un commentateur financier chevronné, son argument central mérite en effet une considération sérieuse et objective dans l’environnement macroéconomique et réglementaire actuel.
Préoccupation principale de l’article : Risque systémique et arbitrage réglementaire
L’auteur du FT souligne qu’en toile de fond de l’adoption par le Congrès américain de la Genius Act et du fait que des institutions financières traditionnelles comme JPMorgan commencent à accepter les cryptoactifs comme garantie, les cryptoactifs pénètrent de plus en plus dans le système financier réel. En même temps, l’échelle du marché des stablecoins est également en pleine expansion.
Cette tendance représente, d’une part, l’"acceptation de la conformité" des finances traditionnelles envers les cryptoactifs, tandis que, d’autre part, elle pourrait semer les graines d’un risque systémique. Surtout dans des conditions de réglementation inadéquate, une fois que les stablecoins sont largement utilisés pour des prêts, des règlements de paiements ou même le marché des obligations d’État, leur volatilité et leur risque de crédit pourraient déclencher une réaction en chaîne.
Le risque est-il exagéré ?
Bien que l’article considère les Cryptoactifs comme "un catalyseur de la prochaine crise", ce jugement manque actuellement de soutien de données suffisant. Il existe une certaine corrélation entre Bitcoin et l’indice S&P 500 (Fidelity rapporte une valeur β roulante sur 3 ans de 2,6), mais cela ne signifie pas que ce soit la source de la crise elle-même.
En fait, de nombreux grands émetteurs de stablecoins (comme USDC et Tether) ont désormais accepté des mécanismes d’audit partiels et maintiennent une communication avec les régulateurs. Le trading de cryptoactifs sur les échanges grand public et les plateformes conformes est également en train de devenir progressivement standardisé. Par conséquent, le comparer aux risques des swaps sur défaut de crédit (CDS) à la veille de 2008 peut être quelque peu une généralisation excessive.
Le jeu derrière la dynamique de la législation américaine
L’article mentionne que le passage de la « Genius Act » est principalement dû à des dons politiques significatifs de la part des groupes de lobbying des cryptoactifs, soulignant qu’il existe un motif clair motivé par le profit. Cela révèle en effet la réalité du processus législatif actuel aux États-Unis : la tension entre l’innovation technologique et la réglementation financière s’intensifie, et les deux partis ont des « camps divisés ».
Cependant, nous ne pouvons pas ignorer que, bien que les dons politiques aient une influence, le processus législatif est toujours contraint par l’opinion des électeurs, les perspectives de développement industriel et les données économiques. Si les cryptoactifs s’avèrent incapables d’établir des scénarios d’application stables, leur influence pourrait rapidement diminuer.
Les attentes rationnelles pour le marché des Cryptoactifs sont plus importantes.
Du point de vue d’un investisseur, comprendre la nature, la cyclicité et la structure des risques des cryptoactifs est bien plus significatif que de discuter de la question de savoir si cela "déclenche une crise". À court terme, le marché des cryptos est en effet étroitement lié à l’environnement macroéconomique, et des facteurs tels que la hausse des taux d’intérêt et le resserrement de la liquidité en dollars peuvent entraîner d’importantes fluctuations de prix.
Cependant, la capacité de se développer de manière stable à moyen et long terme dépend toujours de ses fondations technologiques, de l’acceptation par les utilisateurs, du consensus réglementaire et de la construction de mécanismes de coordination transfrontaliers. À l’heure actuelle, cette industrie a à la fois du potentiel et de l’incertitude, et tant l’investissement que la réglementation devraient être basés sur le principe de « identification des risques + contrôle gradué », plutôt que sur un rejet simple ou une acceptation aveugle.
Conclusion : Soyez prudent, mais ne paniquez pas
L’article de FT nous rappelle qu’à mesure que les Cryptoactifs pénètrent dans les marchés financiers traditionnels, cela doit être accompagné de conceptions institutionnelles plus matures. Cependant, nous ne devrions pas attribuer toutes les sources de fragilité financière à cela. Une approche plus efficace consiste à promouvoir des cadres réglementaires ouverts et transparents, à améliorer l’auditabilité technique et à encourager l’innovation financière responsable.


