L’UE approuve techniquement le projet de « surveillance des discussions » : les messages privés d’Instagram et de Gmail inclus dans l’analyse

Le Parlement européen a voté le 9 juillet sur des règles transitoires relatives au « contrôle des conversations ». Le résultat du vote est de 314 voix contre, 276 voix pour et 17 abstentions. Ces règles transitoires, adoptées, se prolongent jusqu’au 3 avril 2028 et couvrent Instagram, Discord, Snapchat, Skype, les messages privés sur Xbox ainsi que les boîtes mail Gmail et iCloud, qui sont à nouveau incluses dans la liste de balayage.

Le seuil de rejet, supérieur à 314 voix contre plutôt que 276 voix pour, avec un écart de 47 voix, permet une adoption technique des règles

歐盟議會聊天監控過渡規則表決結果 (SOURCE : Plateforme How They Vote de l’Union européenne)

D’après des informations, le résultat du vote du 9 juillet au Parlement européen est de 314 voix contre, 276 voix pour et 17 abstentions. Conformément au règlement intérieur, le rejet d’un texte nécessite une majorité absolue de 361 voix. Le camp opposé n’a obtenu que 314 voix, soit 47 voix de moins que le seuil.

Le Parti populaire européen (EPP) a eu recours à une procédure d’urgence avant le vote pour remettre ce dossier à l’ordre du jour, alors que le Chat Control avait déjà été rejeté deux fois consécutives au Parlement européen en mars de cette année.

L’ancien député européen et militant des droits numériques Patrick Breyer a déclaré : « Faire avancer le Chat Control malgré la volonté d’une majorité de parlementaires, c’est une farce qui nuit à la démocratie. Le vrai perdant, ce sont nos enfants. »

Instagram, Discord, Snapchat, Gmail et d’autres réintégrés dans la liste de balayage

D’après des informations, les règles transitoires adoptées incluent la liste suivante des services de grandes entreprises technologiques américaines pouvant être balayés sans mandat judiciaire et sans suspicion préalable :

Services de messagerie privée : Instagram, Discord, Snapchat, Skype, Xbox

Services de messagerie électronique : Gmail, iCloud

Durée de validité : jusqu’au 3 avril 2028, ou jusqu’à ce que les règles permanentes soient négociées

Exceptions : les services de chiffrement de bout en bout (comme WhatsApp) bénéficient d’une exemption symbolique, mais il s’agit d’une reconnaissance de la réalité technique plutôt que d’un assouplissement politique, puisque les prestataires de services n’ont de toute façon pas la possibilité de balayer des contenus chiffrés de bout en bout

Les fournisseurs européens locaux de services de communication et de courrier électronique n’ont jamais été tenus de mettre en œuvre le Chat Control.

Les données de la Commission européenne elle-même : 48 % des signalements sans lien avec une infraction, le balayage indiscriminé n’augmente pas les condamnations

D’après le propre rapport de la Commission européenne, les six séries de chiffres suivantes mènent à une même conclusion : le balayage à grande échelle ne protège pas efficacement les enfants :

· Depuis 2022, le nombre de cas d’abus suspectés signalés par les États-Unis a diminué de 50 % ;

· En 2024, le balayage massif des messages privés ne représente que 36 % de l’ensemble des signalements d’abus, la majorité des pistes provenant de publications publiques et de stockage dans le cloud ;

· La police criminelle fédérale allemande (BKA) a constaté que 48 % des signalements n’ont aucun lien avec une infraction pénale ;

· Dans les enquêtes menées, 40 % des cibles sont les mineurs eux-mêmes ;

· Dans les signalements produits par Meta, environ 99 % sont des correspondances répétées de « contenus déjà connus », avec une aide limitée pour empêcher des abus en train de se produire ;

· La Commission européenne admet qu’il n’existe aucune preuve montrant que le balayage indiscriminé augmente le nombre de condamnations ou sauve davantage d’enfants.

La négociation de Chat Control 2.0 relancée en septembre, le Parlement européen exige des mandats de balayage visant des suspects spécifiques

D’après des informations, les règles transitoires ne sont prolongées que jusqu’en 2028, et la négociation du règlement permanent sur les « CSAM » (Chat Control 2.0) sera relancée en septembre 2026. Les conditions posées par le Parlement européen pour cette négociation incluent : que le mandat de balayage vise de véritables suspects (et non un balayage indiscriminé de la population) ; la création d’un centre de protection des enfants de l’UE chargé de retirer les contenus déjà connus ; et l’intégration, dans les logiciels de communication, de la norme « Security-by-Design ».

Un défenseur de la vie privée, Alexander Hanff, a souligné : « Le Chat Control n’a pas été conçu pour protéger les enfants ; il vise à permettre à Meta, Google et d’autres grandes entreprises technologiques d’obtenir nos données, et aux États d’étendre la surveillance à grande échelle. »

Questions fréquentes

Comment le contrôle des conversations a-t-il pu passer alors que les voix contre sont plus nombreuses ?

D’après des informations, le résultat du vote du 9 juillet est de 314 voix contre et 276 voix pour. Les voix contre sont plus nombreuses, mais selon le règlement, le rejet d’un texte nécessite une majorité absolue de 361 voix ; le camp opposé n’est qu’à 47 voix du seuil, ce qui fait que les règles sont adoptées techniquement sur le plan procédural.

Quels plateformes et services ont été inclus dans la liste de balayage du contrôle des conversations ?

D’après des informations, les services inclus dans la liste de balayage sont : la messagerie privée d’Instagram, Discord, Snapchat, Skype et Xbox, ainsi que les boîtes mail Gmail et iCloud ; le balayage ne nécessite pas de mandat judiciaire ni une suspicion préalable ; les services de chiffrement de bout en bout comme WhatsApp bénéficient d’une exemption symbolique, avec une durée de validité jusqu’au 3 avril 2028.

Comment les données de la Commission européenne évaluent-elles l’efficacité du balayage indiscriminé ?

D’après le propre rapport de la Commission européenne, les données montrent : 48 % des signalements n’ont aucun lien avec une infraction pénale, 40 % des enquêtes portent sur les mineurs eux-mêmes, et environ 99 % des signalements de Meta sont des correspondances répétées de contenus déjà connus ; la Commission européenne admet qu’il n’existe aucune preuve indiquant que le balayage indiscriminé augmente le nombre de condamnations ou sauve davantage d’enfants.

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