Ces deux derniers mois, l’ensemble du secteur s’est mis à parler du CLARITY Act comme d’un « projet de loi sur le Bitcoin ». J’ai disséqué la version du Sénat, mot pour mot, jusqu’au texte intégral : plus de 37 000 mots, le mot « Bitcoin » apparaît 0 fois. Ethereum apparaît 0 fois, et aucun nom de crypto-actif n’apparaît.


Le texte répète sans cesse d’autres termes : « digital commodity » (produit numérique) apparaît 793 fois, « blockchain » 314 fois, « decentralized » (décentralisé) 86 fois.
Ce n’est pas une omission, c’est voulu. Citer une monnaie, c’est donner au Congrès un sceau de validation — et c’est aussi « souder » la disposition juridique à cet actif, de sorte qu’à chaque nouvelle invention, il faudra encore relancer un cycle de législation. Autrement dit, les législateurs n’ont pas écrit une « liste », ils ont conçu un « tamis ».
Le cœur du tamis s’appelle « système de blockchain mature ». Dans les critères, la règle la plus dure est celle des 20 % : aucune entité unique ne peut détenir plus de 20 % des jetons, ni contrôler plus de 20 % des droits de vote, et encore moins modifier à elle seule les règles de consensus. Une fois franchie cette limite, l’activité est classée par la CFTC comme un produit. Si la limite n’est pas franchie, elle reste traitée comme un titre.
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