Je viens de voir un phénomène assez intéressant. Pour la première fois en quatre ans, le WTI brut a dépassé le prix du Brent. Ce qui se cache derrière ce phénomène n’est pas une simple fluctuation de prix, mais une reconstruction profonde de toute la chaîne d’approvisionnement énergétique mondiale.



Depuis le déclenchement du conflit entre les États-Unis et l’Iran le 28 février, la logique du marché pétrolier a complètement changé. Autrefois, le prix du Brent bénéficiait d’une prime, car il représentait le flux commercial maritime mondial. Mais maintenant, le détroit d’Ormuz est réellement bloqué, et le pétrole exporté depuis le Golfe Persique, Oman, et les Émirats arabes unis doit faire face à de grands risques — les primes d’assurance des pétroliers ont explosé, et certains exportations ont été directement arrêtées. En comparaison, le WTI, grâce à un réseau de pipelines mature, entre directement dans les raffineries du Golfe du Mexique, et l’avantage terrestre est soudainement devenu un atout central dans cette crise.

À quelle vitesse ce changement s’est-il produit ? Germini Energy, le fondateur de Germini, a donné l’explication la plus directe : « La réaction du marché est extrêmement rapide. Les acheteurs ne paient plus une prime pour le pétrole qui « représente le marché mondial », mais pour celui qu’ils peuvent réellement obtenir. » Le marché au comptant a déjà formé une structure de prime extrême. Les contrats WTI pour livraison en décembre se négocient autour de 77 dollars par baril, soit 25 dollars de moins que ceux de mai, les investisseurs se précipitant pour acheter du pétrole au comptant afin de faire face à la rupture d’approvisionnement actuelle, tout en pariant sur une résolution du conflit dans quelques mois.

Ce qui est encore plus spectaculaire, c’est le marché au comptant. Le prix du pétrole brut Brent a déjà dépassé 140 dollars par baril. Pacey, président de Stratas Advisors, a averti que, avec l’annonce par les États-Unis du blocus maritime des ports iraniens, la situation des primes deviendrait plus complexe, et dans les semaines à venir, le prix au comptant du Brent pourrait atteindre une fourchette de 160 à 190 dollars.

Mais il y a un problème plus vaste. Si les prix du pétrole restent élevés à long terme, cela pourrait provoquer une « destruction de la demande » grave. Les consommateurs seraient contraints de réduire drastiquement leur consommation de pétrole, ce qui pourrait déclencher une récession mondiale. Ironiquement, les analystes pensent que cela pourrait être le véritable levier pour ramener les États-Unis et l’Iran à la table des négociations.
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