Le prix de l’or (XAG) a connu une performance très volatile et imprévisible en mars 2026. Il a atteint de nouveaux sommets avant de subir une chute brutale en raison des réactions du marché face à l’augmentation des tensions et à l’instabilité économique mondiale.
Bien que les tensions en Iran aient provoqué une brève hausse de la demande pour des actifs refuges comme l’or, cela n’a pas duré longtemps. Au contraire, il a connu une baisse en raison des tentatives des traders de sécuriser leurs profits.
Cependant, il n’est pas facile pour l’or de monter alors que le dollar se renforce et que les rendements obligataires augmentent. La hausse des prix du pétrole a suscité des inquiétudes quant à la persistance d’un niveau élevé d’inflation sur une période prolongée.
Pourtant, les prix de l’or se maintiennent bien autour de 5 000 dollars l’once, ce qui suggère que l’or reste en demande en ces temps incertains.
Un nouveau débat est désormais lancé, et il concerne la comparaison avec la forte hausse des niveaux de dette américaine.
Une analyse récente partagée par The Kobeissi Letter montre que les réserves d’or américaines ont rarement été aussi faibles par rapport à la taille de la dette publique.
Actuellement, les réserves d’or ne représentent qu’environ 3 % de la dette fédérale totale des États-Unis, l’un des ratios les plus bas jamais enregistrés. Cela est notable car les États-Unis détiennent encore environ 8 133,5 tonnes métriques d’or, le plus grand stock national au monde.
La différence clé est que l’emprunt gouvernemental a explosé au fil des décennies, tandis que la quantité d’or détenue par les États-Unis est restée largement la même.
L’histoire montre à quel point la relation a changé. En 1980, les réserves d’or américaines représentaient environ 18 % de la dette fédérale. Le ratio était encore plus élevé dans les années 1940, lorsque les réserves d’or soutenaient plus de la moitié de la dette totale du pays.
Le chiffre actuel de 3 % montre à quel point l’équilibre a été modifié.
La réduction de la relation entre réserves d’or et dette publique a suscité un débat parmi les analystes sur la façon dont l’or serait valorisé si les anciennes relations monétaires s’appliquaient encore.
Parce que le stock d’or des États-Unis est resté presque inchangé pendant des décennies, augmenter la couverture des réserves par rapport à la dette ne viendrait pas d’ajouter plus d’or. Au contraire, l’ajustement viendrait probablement d’un prix plus élevé pour l’or lui-même.
En termes simples, si la valeur des réserves d’or américaines était poussée suffisamment haut pour retrouver les ratios historiques antérieurs, le prix de l’or devrait augmenter de manière significative.
C’est pourquoi certains analystes utilisent ces ratios comme une expérience de pensée pour comprendre jusqu’où l’or pourrait théoriquement évoluer si le système devait un jour se rééquilibrer.
Les données mises en avant par The Kobeissi Letter suggèrent que la valeur implicite de l’or change radicalement selon le benchmark historique utilisé.
Avec un prix de l’or tournant autour de 4 985,79 dollars l’once, le niveau de prix correspondant aux anciens ratios de réserve par rapport à la dette serait nettement plus élevé.
Si les États-Unis revenaient aux niveaux de 1980, soit environ 18 %, le prix de l’or devrait augmenter d’environ 400 %, ce qui porterait le prix de l’or à environ 26 000 dollars l’once.
Si, d’une manière ou d’une autre, les États-Unis parvenaient à revenir aux années 1940, lorsque les réserves d’or suffisaient à soutenir plus de 50 % de la dette américaine, le prix de l’or serait encore plus élevé. Il devrait augmenter d’environ 1 340 %, atteignant environ 75 000 dollars l’once.
Ces chiffres ne sont pas des prévisions de l’endroit où l’or se négociera bientôt. Ils mettent plutôt en lumière l’ampleur de l’expansion des niveaux de dette américaine par rapport à ses réserves d’or.
_****Le prix de l’argent à 80 dollars semble élevé, mais voici le vrai plancher et le calcul des coûts qui le prouvent**
Néanmoins, l’écart croissant entre la dette du gouvernement américain et ses réserves d’or indique un changement fondamental dans le système financier.
Au fil des années, l’emprunt des gouvernements a augmenté à un rythme bien supérieur à celui de leurs réserves. À cet égard, le lien qui existait autrefois entre la dette nationale et les réserves physiques s’est progressivement estompé.
Pour les investisseurs, cela continue d’alimenter le débat sur la manière de se protéger contre l’inflation, la stabilité monétaire, et le rôle que l’or peut jouer en période de stress économique.
Il reste incertain si le prix de l’or atteindra un jour de tels niveaux extrêmes théoriques. Mais la comparaison met en évidence une réalité puissante : l’ampleur de la dette américaine aujourd’hui est bien plus grande que le système qui l’a autrefois liée étroitement à l’or.