Depuis l’annonce du retrait des États-Unis du Joint Comprehensive Plan of Action par Donald Trump en 2018, les relations entre Washington et Téhéran sont entrées dans un cycle prolongé de « sanctions, contre-mesures et conflits par procuration ». Les tensions montent périodiquement, mais la situation n’a jamais échappé à tout contrôle.
Accumulation de contexte (2024–2025) : Les négociations sur le nucléaire stagnent, les États-Unis maintiennent les sanctions, et Israël poursuit des frappes de faible intensité sur des cibles liées à l’Iran. Les risques pour la navigation en mer Rouge resurgissent à intervalles réguliers. Le conflit demeure à un niveau « faible intensité, normalisé ».
Déclencheur d’escalade (mi-février 2026) : Israël intensifie ses opérations militaires, l’Iran affiche une réaction ferme, et l’activité des groupes régionaux par procuration s’accroît. Les marchés ajustent rapidement leur prime de risque géopolitique.
Implication limitée des États-Unis (fin février) : Les États-Unis effectuent des « frappes dissuasives » mais évitent toute guerre terrestre ou mobilisation généralisée. Les déclarations officielles insistent sur « la prévention de l’escalade » plutôt que sur un élargissement du conflit.
Montée des risques pour la navigation : Les risques dans le détroit d’Hormuz et en mer Rouge s’intensifient, mais aucun blocus durable ne se met en place. La hausse des prix du pétrole est davantage portée par les « anticipations d’offre » que par des perturbations concrètes.
La structure du conflit s’articule sur trois axes :
Ces dernières années, les États du Golfe privilégient une « diplomatie d’équilibrage multilatéral » : coopération sécuritaire avec les États-Unis, rapprochement avec l’Iran, et intensification des liens économiques avec les grandes économies asiatiques. Ce positionnement les conduit à jouer un rôle de stabilisateurs plutôt que de belligérants actifs.
Le détroit d’Hormuz constitue un point de passage essentiel pour l’énergie mondiale, assurant près de 20 % du commerce international de pétrole brut. En cas de blocus majeur :
Historiquement, l’Iran privilégie la « menace de blocus » comme outil de pression, plutôt que l’instauration d’un blocus réel et prolongé, car celui-ci entraînerait une riposte militaire de bien plus grande ampleur.
Pour les producteurs tels que l’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar :
Cependant, ces avantages restent conditionnels : si la hausse des prix intervient sur fond de récession mondiale, la destruction de la demande annule les gains.
L’intensification du conflit entraîne généralement :
Les fonds souverains du Golfe sont fortement exposés aux marchés actions américains et internationaux ; une correction globale accroîtrait la volatilité de leurs portefeuilles.
Pour les économies du Golfe dépendantes des importations :
La hausse des prix du pétrole n’est donc pas un avantage unilatéral, mais produit un impact complexe et structurel.
Les conflits géopolitiques influencent les prix des actifs via quatre canaux principaux :
Chaque classe d’actifs est impactée selon une intensité variable.

Les prix du pétrole brut dépendent de l’impact réel sur l’offre.
À noter : si les prix du pétrole deviennent excessifs, la demande mondiale se contracte et la croissance ralentit, ce qui provoque une « auto-correction ».

La hausse des prix de l’or est portée par :
L’or bénéficie généralement à court terme. Mais si les tensions diminuent et que la prime de risque s’estompe, l’or peut rapidement perdre ses gains.
L’or agit davantage comme un « amplificateur de volatilité » que comme un actif à tendance unilatérale.

Bitcoin agit généralement comme un actif risqué lors de la phase initiale du conflit :
La performance à moyen terme dépend du contexte macro de liquidité :
BTC peut alors en bénéficier, agissant davantage comme un « actif de liquidité » que comme une valeur refuge pure.
Si le conflit persiste :
Au final, la variable essentielle pour les marchés d’actifs demeure la « liquidité ».
En période de crise géopolitique, les prix des actifs ne réagissent pas de façon binaire. Au contraire, la valorisation évolue dynamiquement selon la durée du conflit, les perturbations de l’offre et les réactions des politiques économiques.
| Classe d’actif | Caractéristique centrale | Voie de transmission initiale | Variable décisive |
|---|---|---|---|
| Pétrole brut | Amplificateur émotionnel | Se négocie sur les « anticipations de perturbation de l’offre », la prime de risque propulsant rapidement les prix | Statut réel de navigation dans le détroit d’Hormuz |
| Or | Couverture contre le taux d’intérêt réel | Gains à court terme portés par l’aversion au risque, limités par les taux réels américains | Pivot de politique monétaire (inflation vs croissance) |
| BTC | Actif de liquidité | Effet de levier élevé, décentralisé ; corrige initialement avec les autres actifs risqués | Liquidité mondiale et anticipations de politique macro |
Au fil des événements, les marchés passent des « jeux psychologiques » à une « restructuration fondamentale » :
Caractéristiques : Après de brefs échanges militaires, toutes les parties reviennent à la dissuasion ; la navigation n’est pas perturbée de façon significative.
Performance des actifs : « Rebond rapide, suivi d’un retracement ».
Logique : Le marché réalise que « le loup n’est pas venu », et la valorisation revient à la politique de la Fed et aux données économiques.
Caractéristiques : Le conflit devient « la nouvelle norme », l’assurance maritime reste élevée, les attaques sporadiques persistent.
Performance des actifs : « Forte volatilité, fluctuations étendues ».
Logique : Les marchés intègrent des « primes normalisées », l’attention se déplaçant vers les tendances inflationnistes.
Caractéristiques : Le détroit d’Hormuz est bloqué ou les infrastructures énergétiques sont gravement endommagées ; plusieurs pays interviennent directement.
Performance des actifs : « Revalorisation systémique ».
Logique : L’attention passe du « trading du risque » au « trading de la survie », alors que les chaînes d’approvisionnement mondiales et les systèmes monétaires sont restructurés.
L’histoire montre que les évolutions de la politique monétaire ont un impact à long terme plus important sur les prix des actifs que la guerre. Les véritables moteurs des tendances à moyen et long terme pour l’or, le pétrole brut et le BTC ne sont pas les conflits ponctuels, mais :
Le conflit géopolitique n’est qu’un déclencheur, pas la variable déterminante.





